De plus en plus d’artistes acadiens de la N.-É. choisissent de chanter en français
Un vent de fierté semble souffler sur la scène musicale acadienne de la Nouvelle-Écosse alors qu'un nombre grandissant d'artistes ayant débuté leur carrière en anglais choisissent de se mettre à l'écriture de chansons en français. Un texte de Stéphanie Blanchet L'auteure-compositrice-interprète Kristen Martell figure parmi ces artistes néo-écossais qui semblent vouloir ainsi affirmer leur identité et renouer avec leur héritage. Après avoir fait paraître deux albums en anglais, l'artiste originaire de Campbellton, qui habite en Nouvelle-Écosse depuis plusieurs années, a choisi de plonger au cœur de ses racines acadiennes avec son tout premier opus francophone, intitulé Allume mon courage. L'équipe de tournage du clip musical "Sois prudent", le premier extrait du nouvel album "Allume mon courage", de Kristen Martell. (Photo d'archives) Photo : Inconnu Pour Kristen Martell, ce passage au français est un retour aux sources. Malgré les défis, l'artiste a fait le saut. Elle souligne que ce qui lui a donné du courage, c'est d'être bien entourée. Elle a notamment reçu le soutien de la Fédération culturelle acadienne de la Nouvelle-Écosse (FéCANE) et de son programme d'accompagnement STELLA. Kristen Martell a travaillé avec la réalisatrice Laura Rae pour l'enregistrement de son album « Allume mon courage ». (Photo d'archives) Photo : Kristen Martell Ce programme offre mentorat et financement aux artistes souhaitant explorer la langue française dans leur carrière musicale. Plusieurs autres talents ont d'ailleurs bénéficié de ce programme pour opérer ce virage linguistique, par exemple l'auteure-compositrice-interprète Laura Rae, qui a aussi réalisé l'album de Kristen Martell. Trevor Murphy, le 18 août 2024 à Wedgeport, en Nouvelle-Écosse. Photo : Radio-Canada / Laurent Rigaux Elle n'est pas la seule artiste néo-écossaise à avoir embrassé le français comme langue d'écriture. Trevor Murphy, directeur du label Acadian Embassy et collaborateur de Kristen Martell, compte parmi les artistes acadiens ayant décidé de se mettre à écrire et à chanter dans sa langue maternelle. Il comprend les enjeux de cette transition. Ces défis s'accompagnent d'occasions intéressantes. Pour Luc D'Éon, directeur général de la FéCANE, le programme STELLA a permis à de nombreux artistes de saisir l'occasion de s'exprimer pleinement en français. Kristen Martell, qui se définit désormais comme une artiste bilingue, dit constater que la possibilité de chanter dans les deux langues lui ouvre désormais des portes dans des régions francophones, comme au Nouveau-Brunswick et au Québec. Pour elle, ce retour au français est une question d'héritage et d'identité. Luc d'Eon, directeur de la Fédération culturelle acadienne de la Nouvelle-Écosse. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada Luc D'Éon ajoute que les motivations pouvant expliquer la décision de chanter en français sont nombreuses. Kristen Martell confirme avoir un rapport à son écriture en français. Kristen Martell, qui se définit désormais comme une artiste bilingue, dit constater que la possibilité de chanter dans les deux langues lui ouvre désormais des portes dans des régions francophones. (Photo d'archives) Photo : Inconnu Elle ajoute que son nouvel album en français ne lui pose pas de barrière auprès des anglophones. L'album Allume mon courage est disponible depuis le 28 mars. Un lancement officiel est prévu à Campbellton le 31 mai.
Je viens du nord du Nouveau-Brunswick, d’une famille bilingue. Ma mère est acadienne, j’ai fréquenté l’école française, mais j’ai déménagé en Nouvelle-Écosse il y a vingt ans. J’avais perdu beaucoup de confiance en mon français. Ces deux dernières années, j’ai vraiment voulu redécouvrir la langue, alors j’ai commencé à écrire des chansons en français, et ce n’était pas facile.
L'importance d'être bien entourée


On existe dans un contexte minoritaire, donc les défis sont déjà un peu plus énormes pour nous
, dit M. Murphy, qui est aussi membre du groupe Sluice. Le phénomène du passage de l’anglais au français n’est pas nouveau, mais nous avons constaté, ces dernières années, qu’il peut représenter une porte d’entrée intéressante pour plusieurs artistes
, explique-t-il. Je ne voulais pas perdre la langue, ça fait partie de mon héritage. Je pense que c’était important que je ne le perde pas. Je fais des spectacles en français, je me trompe encore, mais chaque fois je m’améliore, et c’était ça le point
, explique-t-elle. 
La redécouverte de leurs racines en est une. Plusieurs découvrent qu’ils s’expriment autrement en français, non seulement pour des raisons linguistiques, mais aussi parce que cela les amène à penser différemment.
En écriture, je trouve que je suis un peu plus vulnérable en français parce que beaucoup de mes amis en Nouvelle-Écosse, autour de moi, ne comprennent pas la langue. Et mon mari non plus, alors je peux être un peu plus honnête dans mes textes
, révèle-t-elle.
Même les anglophones me disent qu’ils aiment beaucoup mes chansons en français
, confie-t-elle avec enthousiasme.
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